Semaine de la Mobilité - La micromobilité en Belgique : 68% des déplacements domicile-travail seraient possibles avec un vélo électrique !

Le SPF Mobilité et Transports a publié son enquête sur la micromobilité en Belgique. Mais qu’est-ce que la micromobilité ? Quelles différences entre les types de vélos ? L’électrique a-t-il la cote ? Quelques questions auxquelles nous tentons de répondre. 

 

La micromobilité, qu’est-ce que c’est ?  

Par micromobilité, on entend tous les types de vélos (vélo classique, vélo avec assistance électrique limitée à 25 km/h,  vélo avec assistance électrique limitée à 45 km/h, vélo cargo), les trottinettes électriques et les monoroues.   

  

Taux d’utilisation des différents modes de déplacements  

Le "taux d’utilisation d’un mode" représente le pourcentage de personnes ayant utilisé ce mode durant l’année. Avec des taux d’utilisation de respectivement 41,2 % et 15,6 %, le vélo et le vélo électrique 25km/h sont les 2 modes principaux de la micromobilité.  

 

Belgique 

Flandre 

Wallonie 

Bruxelles 

Vélo  

41,2%  

55,5%  

20,3%  

25,2%  

Vélo électrique 25 km/h  

15,6%  

22,4%  

6,8%  

4,8%  

Vélo partagé (Villo, Uber, ...)  

2,3%  

2,2%  

1,1%  

6,1%  

Trottinette électrique  

1,6%  

1,0%  

2,0%  

3,7%  

Trottinette électrique partagée  

1,0%  

0,4%  

1,1%  

4,0%  

Vélo électrique 45 km/h  

0,8%  

1,3%  

0,0%  

0,8%  

   

On note également que, parmi les utilisateurs de vélos et de vélos électriques, la fréquence d’utilisation augmente lorsque le vélo est doté d’une assistance et selon le niveau d’assistance. En effet, 52% des utilisateurs de vélos sans assistance indiquent l’utiliser au moins une fois par semaine. Ce nombre augmente légèrement  pour les utilisateurs de vélos électriques 25 km/h (59%) et grimpe à 88% pour les vélos électriques 45 km/h. 

 

Motifs d’utilisation du vélo  

D’une région à l’autre, on observe de grosses différences d’usage du vélo. En Wallonie, le vélo est essentiellement utilisé pour le loisir. Tandis qu’en Flandre, le vélo est utilisé à la fois pour le loisir et comme moyen de déplacement pour faire ses courses et effectuer ses trajets domicile-travail. La différence est d’ailleurs frappante lorsque l’on compare les résultats d’une recherche d’image avec les mots  « cycliste » et « fietser » dans un moteur de recherche. À Bruxelles, l’utilisation du vélo pour les déplacements domicile-travail est plus importante que pour les autres régions.  

 

Pour les distances domicile-travail, la durée du trajet et le kilométrage annuel augmentent en fonction du degré d’assistance du vélo. Plus la distance et la durée du trajet seront longues, plus l’utilisation du vélo électrique 45 km/h sera privilégiée. Le vélo sans assistance étant donc privilégié lors des déplacements courts. 

 

Principaux avantages et désavantages des différents types de vélos  

L’aspect santé est le premier avantage cité par les utilisateurs de vélo sans assistance. On constate que plus le degré d’assistance augmente, moins l’aspect santé est perçu comme un avantage. Cependant une récente étude a démontré que les utilisateurs de vélos électriques dépensent en réalité plus d’énergie, car ils parcourent plus de kilomètres. 

 

A l’inverse, assez logiquement, l’aspect vitesse est davantage mis en avant lorsque le degré d’assistance électrique des vélos augmente. Les aspects écologique et économique sont deux avantages majeurs plébiscités quel que soit le type de vélo.  

 

Le manque de protection contre les intempéries, l’insécurité liée à la circulation et le manque d’infrastructure adaptée sont tous trois perçus comme des désavantages majeurs, quel que soit le type de vélo. Le prix trop élevé des vélos et le manque de parking sécurisé sont perçus comme des désavantages plus important lorsque le vélo est à assistance électrique.  

 

D’un mode de transport urbain à un mode interurbain 

L’électrification du vélo permet d’augmenter considérablement les distances parcourues et fait donc passer le vélo d’un mode essentiellement urbain à un mode de transport interurbain. C’est particulièrement vrai pour les speed pédélecs (ou vélo 45 km/h) pour lesquels la majorité des déplacements domicile-travail dépasse 20 km. L’accroissement des distances parcourues grâce à l’électrification des vélos augmente considérablement le potentiel du vélo dans les déplacements domicile-travail. En effet, sur base de l’enquête, on peut considérer que le vélo sans assistance est compétitif sur des distances domicile-travail jusque 10 km, ce qui représente 37% des déplacements domicile-travail. Avec le développement des vélos électriques 25 km/h et 45 km/h, le vélo devient aussi compétitif sur des distances de 10 km à 25 km soit 31% des déplacements domicile-travail. Au total, grâce à l’électrification, le potentiel du vélo dans les déplacements domicile-travail est quasiment doublé et passe de 37% à plus de 68% ! 

 

Des villes comme Wavre, Tubize, Ninove ou Louvain deviennent accessibles depuis Bruxelles en moins d’une heure. 

 

Beliris  participe au développement du RER vélo, le réseau express régional pour les cyclistes  

Pour offrir une vraie une réponse aux déplacements domicile-travail (5km - 25km), les routes cyclables doivent répondre à des critères de qualité : liaisons confortables, larges, sans interruption, les plus planes possibles. Les voies ferrées, les canaux ou les vallées semblent donc toutes indiquées.  

 

Le projet du RER vélo, le réseau express régional pour les cyclistes, tend à offrir de véritables alternatives à la voiture aux navetteurs. Beliris se réjouit de pouvoir y contribuer par son expertise de maitre d’ouvrage.  

 

Le 2 juillet dernier, Beliris a publié une mission d’étude pour la faisabilité de 3 routes cyclables le long de lignes ferroviaires : Dilbeek - Bruxelles, Louvain - Bruxelles et Bruxelles-Nord - Anderlecht.  

 

Le bureau désigné développera une vision qui s’intègre dans un tissu urbain dense et vérifiera la faisabilité technique, juridique et financière. Il analysera des paramètres comme le contexte, les alternatives, les opportunités, la pollution des sols et les flux de trafic. Il aboutira à un parcours définitif et définira le budget, le planning et le plan d’actions pour la construction de l’itinéraire.  

 

Intentions d’achat dans les 2 prochaines années  

L’enquête montre que plus de 20 % des personnes interrogées comptent acheter un vélo électrique 25 km/h ou un speed pédélec, alors que seulement 8% des personnes interrogées comptent acheter un vélo sans assistance. Ces chiffres confirment la tendance accrue à l’électrification du vélo. La part des vélos électriques dans les ventes de vélos neufs pour adulte pourrait même atteindre 65 % dans les prochaines années. 

 

Conclusions en matière de politique vélo  

Selon les régions, il existe encore des freins au développement de la micromobilité. Les utilisateurs ne se sentent pas toujours en sécurité sur la route, hésitent à laisser leur vélo dans la rue et dans des parkings peu sécurisés, d’autant plus que les vélos électriques représentent un investissement important.  

 

Le SPF Mobilité contribue à lever certains obstacles à l’utilisation du vélo, notamment grâce au projet du RER vélo, en créant des itinéraires cyclables sécurisés et de qualité. À l’avenir, il convient de développer davantage les politiques visant à lutter contre le vol de vélo, fournir des parkings plus sécurisés ou encore à rendre le vélo (électrique) plus accessible. 

 

Vous pouvez lire le rapport complet sur notre site web.