32 millions € de subsides européens pour le secteur ferroviaire belge

Dans le cadre de son programme Connecting Europe Facility, l’Union européenne va subventionner plusieurs projets ferroviaires belges soutenus par le SPF Mobilité et Transports.  

 

Le 13 octobre 2016, la Commission européenne a lancé un nouvel appel à projets, via son programme de financement Connecting Europe Facility - Transport (CEF-Transport). Ce programme est l’instrument financier qui soutient la politique européenne en matière d’infrastructures de transport. Il doit notamment permettre de financer les projets transfrontaliers, la suppression des goulets d’étranglement et la création des liaisons manquantes sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Ce programme cible également les projets permettant de réduire l’impact environnemental et d’améliorer l’efficience et la sécurité des différents modes de transport.

 

Plusieurs demandes de subsides ont été introduites par des acteurs privés et publics du secteur ferroviaire belge. Ces différentes demandes de subsides ont été validées par le SPF Mobilité et Transports avant d’être transmises à la Commission européenne. Un accompagnement des candidats dans la préparation de leurs dossiers a également été assuré par le SPF Mobilité et Transports tout au long de l’appel à projets.

 

Les résultats de cet appel à projets ont été approuvés par les Etats membres lors d’un vote qui s’est déroulé le 6 juillet 2017. Au total, 32 millions € de subsides ont été obtenus pour des projets ferroviaires qui permettront de renforcer la sécurité et l’interopérabilité du système ferroviaire belge, d’améliorer les liaisons transfrontalières avec nos pays voisins et de soutenir le développement durable du transport ferroviaire dans notre pays.

 

 

Contribuer à un système ferroviaire plus sûr et interopérable

 

L'ETCS (European Train Control System) est le nouveau système européen de sécurité et de signalisation ferroviaire. L’ETCS a pour vocation de remplacer les différents systèmes nationaux de signalisation existants. Il devra être installé sur les lignes ferroviaires principales du RTE-T pour 2030 et sur l’ensemble du réseau ferroviaire du RTE-T pour 2050.

 

L’ETCS est essentiel pour permettre aux trains européens de circuler facilement dans n’importe quel pays de l’Union et garantir un niveau élevé de sécurité. Ces aspects sont particulièrement importants pour la Belgique qui est située au cœur du réseau ferroviaire européen sur trois corridors de fret ferroviaires et au centre du réseau à grande vitesse Paris-Bruxelles-Cologne-Amsterdam-Londres.

 

Dans le cadre de l’appel à projets 2016, un subside de 2,4 millions € a été accordé par la Commission européenne pour l’équipement ETCS de deux sections frontalières situées sur les corridors européens Mer du Nord - Méditerranée et Mer du Nord - Baltique.

 

Ces deux sections sont les suivantes :

  • Kapellen – Essen (ligne 12) ;
  • Libramont – Autelbas (ligne 162).

 

Ces travaux s’inscrivent dans le Masterplan ETCS belge qui a pour objectif d’équiper en ETCS l’entièreté du réseau ferroviaire belge d’ici à 2022.

 

 

Combler les chaînons manquants du réseau transeuropéen de transport

 

Lors de l’appel à projets 2016, deux projets ferroviaires transfrontaliers ont également obtenu un soutien financier de la Commission européenne.

 

La Connection du nœud intermodal d’Athus au réseau ferroviaire français.

 

Le sud de la province du Luxembourg est traversé par deux axes ferroviaires majeurs : l’axe « Athus – Meuse » principalement destiné au transport de marchandises et l’axe « Bruxelles – Luxembourg » dédié principalement au transport de voyageurs.

 

La configuration actuelle du réseau ferroviaire dans cette région ne permet pas de relier directement l’axe Bruxelles - Luxembourg et le terminal ferroviaire d’Athus au réseau ferroviaire français, pourtant situé à moins de 1km du terminal.

 

Les subsides européens du programme CEF-Transport (2,8 millions €) obtenus par Infrabel permettront de financer une partie des travaux de construction d’une nouvelle ligne électrifiée entre Athus et la frontière française.

 

Ce projet permettra d’améliorer considérablement le fonctionnement du corridor de fret ferroviaire Mer du Nord – Méditerranée qui relie les principaux ports de la mer du Nord à la vallée du Rhône jusqu’à Marseille. En effet, en cas de perturbations sur l’axe « Athus -Meuse » qui fait partie de ce corridor, le trafic en provenance de la France pourra être dévié sur l’axe Bruxelles – Namur en passant par la nouvelle infrastructure.

 

L’électrification de la ligne ferroviaire Mol-Weert (partie belge)

 

Un subside s’élevant à 18,5 millions € a également été obtenu par Infrabel pour les travaux d'électrification de la ligne 19 entre Mol et la frontière belgo-néerlandaise à Hamont ainsi que la construction et l'équipement de trois sous-stations de traction.

 

Ce projet contribuera à accroître l'efficacité des trains de marchandises et de voyageurs sur cette ligne. Il aura également un impact positif sur l’environnement puisqu’il permettra de remplacer le matériel roulant diesel actuellement utilisé sur cette ligne par du matériel roulant électrique. Cela permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances sonores de ces services ferroviaires.

 

Soutenir le développement du rail en préservant l’environnement

 

En raison de ses faibles émissions de gaz à effet de serre et de sa faible consommation spécifique d’énergie, le transport ferroviaire est considéré comme un mode de transport durable.

 

Cependant, les émissions de bruit causées par le transport ferroviaire de fret menacent aujourd’hui son développement en Europe. Cette question est devenue particulièrement critique dans les régions densément peuplées.

 

Le remplacement des blocs de frein en fonte des wagons par des blocs de frein en matériaux composites permet de réduire la rugosité des roues et ainsi de diminuer le bruit de roulement, principale composante du bruit des trains de marchandises. Cette solution est unanimement reconnue comme la solution la plus efficace et la moins couteuse pour réduire à brèves échéances les nuisances sonores du transport ferroviaire de fret.

 

L’entreprise LINEAS (ex B Logistics) a pu obtenir un subside européen de 1,8 million € pour équiper 4.157 de ses wagons avec des blocs de frein en matériaux composites. Cela permettra de réduire les émissions de bruit de ces wagons qui circulent en Belgique et à l’étranger le long des corridors de fret européens.