Workshop sur le bruit rayonné sous-marin pour des océans plus sereins
Le lundi 15 décembre, un atelier consacré au bruit rayonné sous-marin (Underwater Radiated Noise – URN) s’est tenu à Anvers. Cette initiative a été organisée par le SPF Mobilité et Transports en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’Union Royale des Armateurs Belges (KBRV). L’objectif ? Sensibiliser à l’impact du bruit sous-marin et aux solutions possibles.
Le son est vital sous l’eau
Le bruit sous-marin existe naturellement, mais les activités humaines telles que la navigation, les travaux de dragage et la production d’énergie offshore entraînent une pression acoustique de plus en plus élevée. Comme le son se propage beaucoup plus loin dans l’eau que la lumière, il est vital pour les animaux marins. Ils utilisent des signaux acoustiques pour communiquer, s’orienter, se reproduire, trouver de la nourriture et éviter les prédateurs.

Une mer saine, condition d’une économie et d’une société saines
L’URN est continu et dominant dans les régions très fréquentées comme la mer du Nord belge. Cela provoque notamment des captures de poissons instables, une perte de biodiversité et des coûts de conservation plus élevés pour les zones naturelles. Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas seulement de réduire le bruit, mais aussi de limiter le bruit aux fréquences utilisées par les différentes espèces animales.
La collaboration avec toutes les parties prenantes est essentielle
Il existe encore aujourd'hui de nombreuses lacunes dans les connaissances sur le bruit sous-marin, il est donc important de rechercher les meilleures pratiques avec différents partenaires.
C'est pourquoi nous sommes reconnaissants au public d'avoir représenté de manière équilibrée les nombreux acteurs concernés par le transport maritime : armateurs, scientifiques, écoles, ports, experts techniques, etc. Cette large représentation, combinée à la solide expertise des intervenants, a fait de cet atelier un véritable succès.
Différentes solutions pour des navires plus silencieux
Chaque pièce mobile d’un navire génère du bruit. Les meilleures opportunités pour réduire l’URN se trouvent donc dans la conception et la construction. Par exemple, la coque peut être rendue plus hydrodynamique, ou la propulsion par le vent peut permettre de diminuer le bruit généré par l’hélice.
Plusieurs entreprises travaillent également sur de nouveaux designs d’hélices. Ceux-ci sont non seulement plus efficaces, mais produisent aussi moins de bruit. Cela semble être une situation gagnant-gagnant pour la consommation de carburant et pour l’environnement.
En outre, il existe des mesures opérationnelles, comme naviguer plus lentement dans les zones fréquentées, nettoyer régulièrement la coque et l’hélice du navire, et adapter les routes des navires pour éviter les zones particulièrement sensibles.
La plupart des solutions pour rendre les navires plus silencieux réduisent aussi les émissions. Des mers plus calmes nous rapprochent donc aussi de la décarbonisation du transport maritime.
La Belgique en tant que pionnière
L’URN est un défi invisible mais crucial. La coopération internationale, la conception innovante des navires et les mesures opérationnelles sont essentielles pour protéger nos océans.
C’est pourquoi le SPF Mobilité et Transports, en collaboration avec le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, a mené une campagne de sensibilisation pour attirer l’attention sur les risques liés au bruit sous-marin. Cette initiative a fourni des informations intéressantes que nous partageons au sein de l’Organisation maritime internationale (OMI) afin de contribuer à la phase de partage d’expérience en cours, suite à la révision des lignes directrices sur le bruit sous-marin généré par la navigation en 2023.
La Belgique a également rejoint la ‘High Ambition Coalition for a Quiet Ocean’ et est candidate pour accueillir le secrétariat du Traité ‘BBNJ’ (Biodiversité au-delà de la Juridiction Nationale), qui veillera à la protection de la biodiversité en haute mer.
Il ne suffit pas de signer des déclarations pour résoudre le problème. Grâce à ces initiatives, notre pays joint le geste à la parole.
